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MTF 2022 : Déclaration de clôture

«Nos invités d’honneur et nos panélistes ont eu la générosité de partager leurs expériences et leur expertise quant à la gestion des questions qui se rapportent à la femme. Tout au long de cette journée, nous avons porté notre attention sur le rôle central de la femme marocaine en tant qu’actrice incontournable du développement et avons évoqué l’importance de la Vision Royale qui n’a de cesse de placer la femme marocaine au cœur de Ses priorités», note Mme Benhida. Le MTF 2022 a ainsi permis de mettre le curseur sur les véritables obstacles qui entravent le développement de la condition de la femme marocaine et sortir avec des propositions concrètes sur la base des leviers conceptuels pour faire face aux défis rencontrés. Il y a tout d’abord des recommandations communes à tous les panels. Il s’agit en premier lieu de la nécessité d’un changement de la culture et des mentalités. À cet effet, il a été recommandé : D’enclencher une démarche sociétale pour comprendre les contraintes et les obstacles et travailler sur le changement des cultures et des perceptions. D’agir sur les mentalités pour privilégier l’approche «couple» plutôt que l’approche «femme» comme unique source d’éducation et de soins pour l’enfant et la famille. De dépasser des stéréotypes qui perdurent à l’encontre de l’entrepreneuriat féminin ; ce qui nécessite l’identification des stéréotypes pour entamer une transformation des mentalités et engendrer une transformation structurelle et systémique. D’entreprendre une véritable révolution culturelle en faveur de l’égalité entre les sexes. Il faut éduquer à l’égalité pour promouvoir une masculinité positive. L'insertion économique des femmes, «un must» pour l’édification du Maroc Inclusif.

L'insertion économique des femmes, «un must» pour l’édification du Maroc Inclusif

• Tenir des statistiques générées et pertinentes sur de courtes durées autour du travail de la femme à conjuguer avec une analyse sociologique

• Encourager davantage l’entrepreneuriat féminin en créant des programmes de financement adaptés aux femmes

• Valoriser le travail non rémunéré accompli par les femmes à travers notamment des structures comme les coopératives

• Éviter les politiques générales et aller comprendre les contraintes individuelles qui empêchent le travail des femmes qu’elles soient d’ordre structurel (garde des enfants, transport sécurisé…) ou socioculturel (perceptions, stéréotypes…).

• Continuer à agir via les politiques publiques genrées, mais le développement ne peut plus être possible sans le bottom-up et sans l’alignement de tous. Mettre en exergue la qualité du travail de la femme au niveau des chiffres.

• Opérationnaliser et s’approprier l’année sociale 2023 en y inscrivant la réforme du code du travail et en mesurant le climat social pour opérer un changement de paradigme sur de bonnes bases.

• Donner de l’importance au travail de la femme de façon structurelle et non accessoire.

• Aller vers les décrets d’application et les schémas d’organisation au niveau des territoires et des institutions.

• Accompagner les femmes auto-entrepreneures et des TPE féminines pour encourager les activités génératrices de revenus.

• Améliorer des conditions de travail tout en adoptant une approche terrain : le «bottom-up» est le mot d’ordre.

• Sensibiliser les partis politiques et les syndicats à la nécessité d’enclencher des dispositifs de réforme pour l’égalité des genres.

• Mettre en place des mesures fiscales pour avoir une politique genre au sein des entreprises.

• Renforcer les infrastructures et les dispositifs sécuritaires pour une plus grande émancipation économique de la femme.

• Amender la Loi 103-13 (lutte contre les violences) pour lutter contre les violences économiques considérées comme la 2e catégorie de violences au Maroc.

• Atténuer les déphasages entre les progrès des réformes institutionnelles et sociétales et la réalité des chiffres.

• Prendre en compte les trois dimensions fondamentales et clés de l’autonomisation économique des femmes (empowerment) : le renforcement des opportunités économiques, l’entrepreneuriat féminin et les dispositifs d’accès au financement adaptés aux femmes rurales et urbaines. .

• Intégrer la flexibilité en termes de congé de maternité et des premières années de vie des enfants.

• Développer des crèches privées et publiques pour permettre aux femmes de travailler.

L'éducation et la formation des femmes, clé pour un Maroc prospère

• Considérer l’éducation et la formation de manière exhaustive en tenant compte tant du scolaire que du parascolaire 

• Sortir des modèles prédictifs basés sur des données quantitatives vers des analyses très fines et un diagnostic qualitatif de la situation

• Agir sur les mentalités en parallèle aux actions menées par les autorités

• Aller à la recherche d’outils innovants disruptifs puisque ceux que nous avons ne donnent pas satisfaction et adopter de meil leures pratiques

• Renforcer l’offre de l’école de deuxième chance notamment dans le milieu rural

• La technologie, outil puissant et performent, peut apporter des solutions à condition de la rendre accessible. La technologie peut nous apprendre à apprendre tout au long de la vie

• Chacun à son niveau, doit donner une chance à la femme de son entourage de se libérer et de libérer ses énergies

• Mettre l’accent sur l’éducation et sur les infrastructures pour accéder à l’enseignement dans le monde rural (routes, collèges, lycée) pour une meilleure inclusion économique.

• Miser sur la généralisation du primaire et du préscolaire pour baisser le décrochage et l’échec scolaire

• Considérer l’éducationdes femmes comme un levier de développement de la famille et de la société : les enfants qui naissent dans des familles où la femme est instruite sont élevés dans de meilleures conditions.

• Combattre les causes du décrochage scolaire en renforçant la proximité, en limitant les violences à l’école et en améliorant les conditions d’hygiène et de sécurité.

• Intégrer l’éducation dans une conception plus exhaustive en tenant compte conjointement du scolaire et de l’extrascolaire.

• Établir de meilleurs diagnostics de la situation de l’éducation des filles en y imprégnant des données qualitatives.

• Mettre en place des indicateurs pour anticiper les risques d’abandon et de déperdition scolaire.

• Réduire le travail des filles avant l’âge légal et limiter les mariages précoces surtout dans les zones les plus éloignées du Maroc.

• Investir dans les infrastructures : transport scolaire, cantine pour pouvoir offrir des conditions propices à l’éducation.

• Impliquer toutes les parties prenantes pour atteindre les objectifs de la scolarisation tant au milieu urbain que rural, tout en tenant compte des objectifs de développement durable.

La lutte contre les violences, un défi majeur pour le Maroc de la dignité et de la modernité

• Avoir une vision globale pour promouvoir et protéger les Droits de la Femme ; ce qui suppose une politique globale de lutte contre les discriminations et les violences contre les femmes.

• Avoir davantage de volonté politique pour mettre enœuvre les engagements contenus dans la Constitution et les différentes conventions internationales ratifiées par le Maroc

• Décliner l’arsenal juridique en action et l’évaluer pour le moderniser

• Intégrer dans le système éducatif la notion de l’égalité de manière transversale de la maternelle jusqu’en terminal

• Intégrer la lutte contre la discrimination et les violences dans les prêches de vendredi

• Promouvoir la culture de l’égalité dans tous les espaces de sociabilisation

• Réformer les lois discriminatoires à l’égard des femmes que ce soit dans le code pénal, le code de la famille…

• Révolutionner la culture du patriarcat

• Travailler sur une transformation des mentalités et sur une masculinité positive

• Budgétiser les programmes et stratégies dédiées à la lutte contre la violence faite aux femmes

• Consolider les acquis au fil des gouvernements et ajuster les stratégies au lieu de les laisser à l’abondant et en faire d’autres

• Promouvoir la culture de l’égalité dans les différents secteurs

• Faire valoir ses droits et oser faire des signalements de la violence et aller jusqu’au bout de la procédure

• Renforcer la sensibilisation pour dénoncer la violence

• Faire connaitre et communiquer davantage autour des mécanismes existants des services de police pour encourager le signalement des violences, notamment le numéro de téléphone 8350

• Garantir des transports publics sûrs, accessibles et de qualité en installant des caméras de surveillance pour lutter contre le harcèlement et les violences

• Sécuriser les espaces publics grâce à l’éclairage et les caméras de surveillance

• Mettre en place des services de santé dédiés à la prise en charge des femmes violentées ou agressées

• Faire de 2023 une année de l’interconnexion des acteurs qui œuvrent pour la lutte contre la violence faite aux femmes pour évaluer les ingrédients de travail de chacun et trouver la bonne
recette qui permettra d’impacter la vie des femmes